Pathologie de la cheville

L'instabilité chronique de la cheville

Comprendre et traiter les entorses à répétition

1. Comprendre la pathologie

La cheville est stabilisée par un complexe de ligaments (principalement le ligament collatéral latéral). Suite à une ou plusieurs entorses graves mal soignées, ces ligaments peuvent se détendre ou cicatriser dans une mauvaise position, créant une laxité chronique.

Cette perte de maintien mécanique perturbe l'articulation et augmente considérablement le risque de nouvelles entorses, créant un cercle vicieux pouvant mener, à long terme, à l'arthrose de la cheville.

Les symptômes d'alerte :
  • Une sensation de cheville qui "lâche" ou se dérobe.
  • Une appréhension lors de la marche sur terrain irrégulier.
  • Des entorses à répétition, parfois pour des traumatismes très mineurs.
  • Des douleurs résiduelles et un gonflement chronique après l'effort.

2. Quand faut-il opérer ?

En première intention, le traitement est toujours médical : de la rééducation intensive (kinésithérapie) axée sur le renforcement musculaire et la proprioception, complétée par le port d'orthèses lors de la reprise sportive. Idéalement un suivi par un médecin du sport est conseillé en première intention si l'évolution n'est pas favorable.

La chirurgie est envisagée face à un échec d'un traitement de rééducation bien conduit (généralement après 3 à 6 mois). L'intervention est décidée si l'instabilité impacte votre vie quotidienne ou vous empêche de pratiquer vos activités sportives. Un bilan d'imagerie (IRM, échographie) est indispensable avant toute décision pour évaluer l'état des ligaments et rechercher d'éventuelles lésions associées (cartilage).

3. L'intervention : La Ligamentoplastie

L'opération de référence est la ligamentoplastie. Elle consiste à réparer, retendre ou reconstruire le ligament endommagé pour redonner une stabilité parfaite à la cheville.

  • Anesthésie Loco-régionale ou générale
  • Hospitalisation Ambulatoire (sortie le jour même)

4. Les suites opératoires

Le succès de l'intervention repose autant sur le geste chirurgical que sur la qualité de l'immobilisation et de la rééducation qui suivent.

4 à 6 Sem
Immobilisation de la cheville dans une botte de marche. L'appui est souvent autorisé selon la tolérance à la douleur, avec l'aide de béquilles les premiers jours.
Début de la rééducation précoce chez le kinésithérapeute. C'est une phase cruciale pour retrouver la mobilité articulaire, la force musculaire et l'équilibre (proprioception).
3 à 6 Mois
Reprise progressive des sports dans l'axe (vélo, natation, course sur terrain plat), puis des sports de pivot (tennis, football) avec l'accord du chirurgien.