Pathologie de la cheville

Lésion Ostéochondrale du Dôme Talien (LODT)

Traiter les lésions du cartilage et retrouver une cheville fluide

1. Comprendre la pathologie

La LODT (Lésion Ostéochondrale du Dôme Talien), parfois aussi appelée LODA (Lésion Ostéochondrale du dôme de l'Astragale), correspond à une atteinte très localisée du cartilage de la cheville et de l'os situé juste en dessous.

Dans la majorité des cas, cette lésion apparaît suite à un traumatisme sévère (comme une grosse entorse ou une fracture de la cheville) où le cartilage a été impacté ("écrasé"). Plus rarement, elle peut survenir sans choc (ostéochondrite), par un défaut de vascularisation locale de l'os. Un fragment de cartilage et d'os peut alors se détacher partiellement ou totalement de son lit.

Les symptômes d'alerte :
  • Douleurs profondes dans la cheville, particulièrement lors de la marche, de la course ou en montant les escaliers.
  • Gonflement chronique (épanchement) de l'articulation après l'effort.
  • Sensation de blocage, d'accrochage ou de ressaut si un fragment de cartilage se promène dans l'articulation (corps étranger).
  • Impression d'instabilité ou que la cheville va "lâcher" à cause de la douleur.

2. Quand faut-il opérer ?

Le cartilage ne sait malheureusement pas se régénérer seul. Cependant, si la lésion est petite et stable, un traitement médical est systématiquement instauré : mise au repos (parfois avec une botte), port de semelles orthopédiques, rééducation, et infiltrations d'acide hyaluronique ou de PRP (Plasma Riche en Plaquettes) pour lubrifier l'articulation et calmer l'inflammation.

L'intervention chirurgicale est proposée lorsque le traitement médical échoue à soulager la douleur, ou d'emblée si un fragment de cartilage est instable ou détaché dans l'articulation. Une IRM ou un scanner (arthroscanner) est indispensable pour cartographier précisément la lésion avant d'opérer.

3. L'intervention chirurgicale

L'opération de choix est l'arthroscopie de la cheville. Grâce à une petite caméra et des instruments miniaturisés introduits par deux minuscules incisions, le Dr Frigout va traiter la lésion de l'intérieur :

Nettoyage et microfractures : Le chirurgien retire le cartilage abîmé et les fragments instables. Ensuite, il réalise de minuscules trous (microfractures ou perforations) dans l'os à vif. Cela fait saigner l'os et amène des cellules souches qui vont former, au fil des mois, un "tissu cicatriciel" fibro-cartilagineux pour reboucher le trou.

Cas complexes : Si la lésion est étendue, d'autres techniques peuvent être envisagées, comme la greffe de cartilage (autocart, mosaïcplastie).

  • Anesthésie Loco-régionale ou générale
  • Hospitalisation Ambulatoire (sortie le jour même)

4. Les suites opératoires

Pour que le saignement osseux se transforme en un nouveau tissu fibro-cartilagineux solide, il est absolument indispensable que la zone ne subisse aucune pression pendant la première phase de cicatrisation.

4 à 6 Sem
L'appui sur le pied est formellement interdit (décharge stricte avec béquilles), souvent sous couvert d'une botte pour protéger la cheville. La mobilisation douce de l'articulation (sans poser le pied par terre) est par contre encouragée pour "mouler" le nouveau cartilage.
Dès S6
Reprise de l'appui très progressive, généralement protégé par la botte au début. Début du travail de rééducation avec le kinésithérapeute pour retrouver la force musculaire et l'équilibre.
4 à 6 Mois
La maturation du nouveau tissu cartilagineux est très lente. La disparition complète de l'œdème et la reprise des sports d'impact demandent du temps et s'évaluent au cas par cas lors des consultations de suivi.